EDITO DU PERE EMERIC

L’Eglise, une dame âgée... et dépendante !

Chers amis,
Dans ces jours qui nous rapprochent de la fin de l’année civile, nous méditons sur la vie de nos paroisses, ces communautés dont nous sommes, chacun d’entre nous, une part essentielle. Nous ne pourrions pas vivre notre chemin de foi sans elles, de même qu’elles n’existeraient pas sans nous. Ce lien vivant, organique, constitue l’inspir et l’expir de la vie chrétienne. C’est un lien invisible, intime, puissant... il est composé de spiritualité et de matérialité comme le corps et l’âme sont imbriqués ensemble indissociablement.

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    Il serait illusoire de penser qu’une paroisse, qui est l’expression vivante et proche de l’Eglise de Dieu, ne vit que de prières. Je le répète à l’envi, mais nul trésor caché -hélas- ni subvention publique (laïcité oblige) ni vaticane. Elle ne vit que de ses propres cellules, dont chacun(e) de vous est une forme unique et irremplaçable. L’une des premières pauvres, au sens biblique du terme, parmi nous, c’est la paroisse elle-même. Toujours dépendante de l’offrande de chacun, elle a les traits du mendiant de l’Evangile qui ne saurait se contenter d’une réponse toute faite comme « je prierai pour vous ». Si la communauté meurt financièrement, elle ne pourra plus dispenser la spiritualité dont nous avons tous tant besoin. La Journée Mondiale des Pauvres, la semaine dernière, se place dans ce contexte si contradictoire, avec l’invitation – reprise de l’Apôtre Paul – à garder le regard fixé sur Jésus qui, « de riche, s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Lors de sa visite à Jérusalem, Paul avait rencontré Pierre, Jacques et Jean qui lui avaient demandé de ne pas oublier les pauvres. La communauté de Jérusalem, en effet, se trouvait dans de graves difficultés à cause de la famine qui avait frappé le pays. Et l’Apôtre s’était immédiatement occupé d’organiser une grande collecte en faveur de ces pauvres. Les chrétiens de Corinthe se montrèrent très sensibles et disponibles. Sur les indications de Paul, chaque premier jour de la semaine, ils rassemblaient ce qu’ils avaient pu économiser et tous étaient très généreux. Peut-être certains d’entre vous se diront qu’il y n’y a nul rapport entre cette solidarité que Paul appelle de ses vœux, et la nécessité pour chacun, petit et grand, même symboliquement, même pour un seul euro annuel, de contribuer à la vie de la communauté par le denier de l’Eglise. Bien-sûr dans l’abstention à donner, il peut y avoir bien des raisons : une colère contre l’actualité récente (et lointaine géographiquement mais hélas si blessante) de l’Eglise... la croyance bien ancrée que « la quête dominicale », avec ses dizaines de petites pièces en centimes, suffit... enfin que l’Eglise étant d’abord une réalité spirituelle il convient de ne pas s’encombrer d’histoires matérielles. Mais je connais peu de parents qui refuseraient de subvenir aux besoins matériels de leurs enfants en leur disant simplement « je t’aime, cela devrait te suffire », ou qui s’imaginent qu’une visite d’une heure hebdomadaire comble tous les besoins. Bien-sûr, les temps sont difficiles pour beaucoup d’entre nous. Les prix augmentent, l’avenir semble incertain... Et une ultime croyance vient peut-être empêcher le plus grand nombre de contribuer à la vie de la Communauté par le Denier... l’idée qu’il faut donner beaucoup ! Le geste seulement, même modeste, est essentiel. Il permet à chaque paroisse de marcher sur ses deux jambes, le spirituel et le matériel, le corps et l’esprit... Si chacun est sensibilité à ce geste qui contribue tout simplement à la vie, alors c’est bon aussi pour la vérité et la cohérence de notre vie spirituelle à tous. + Emeric Dupont




LA GRANDE ASSEMBLÉE