Saint-Martin de Montmorency
Saint-François
Saint-Martin de Groslay

« Voici que je fais toutes choses nouvelles » (AP 15)

ACTUALITÉS PAROISSIALES

ART-CULTURE-ET-FOI


QUAND L'ASTRONOMIE RENCONTRE L'ART

Concert original qui associera le grand orgue de la Collégiale rehaussé par la trompette, et des images modernes du ciel. Une douzaine de pièces d’orgue ayant un lien avec l’astronomie, par leur titre, leur auteur ou leur sujet, allant du 12e siècle à l’époque contemporaine, passant entre autres par Bach, Saint-Saëns, Vierne et William. Des animations, projetées sur un grand écran, illustreront le rapport de ces œuvres avec le Cosmos, mettant en valeur sa diversité et sa majestueuse beauté.

EDITO DU PERE EMERIC

Résurrection, mission et politique... (2nd partie)

 

La consigne de Jésus peut nous surprendre, mais elle doit nous faire réfléchir : il nous demande de ne rien emporter en route. Traduisons pour aujourd’hui : il s’agit, n’ayant rien, de n’utiliser aucun moyen prestigieux pour conditionner les gens. Être simplement ce que nous sommes, pour que ceux que nous rencontrons restent libres d’accueillir ou de refuser. Nous n’avons pas à forcer la sympathie : on passe, et on passe vite, selon qu’on est accueilli ou refusé. La relation se crée spontanément, ou ne se crée pas. Nous, nous avons à nous montrer nous-mêmes, sans aucun artifice, mais de manière à ce que notre attitude pose question : ‘Qui est-il, celui-là ? Qui est-elle, celle-là, qui se montre si fraternelle, qui cherche dans toute sa simplicité la rencontre vraie et chaleureuse ?’

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    Notre simple présence signifie que ‘le Royaume est tout proche’. De quoi s’agit-il lorsque que Jésus parle du Royaume (ou du Règne) de Dieu ? On peut, à titre d'exemple, citer l’une des Préfaces de la liturgie qui le décrit comme un ‘Royaume de paix, de justice et d’amour’. Annoncer que ce Royaume est proche, c’est se situer aujourd’hui, dans l’environnement où nous vivons, comme des gens qui cherchent quotidiennement la rencontre fraternelle, le pardon, les valeurs d’accueil, de partage et de paix. Comme les soixante-douze envoyés, nous pouvons, nous aussi, nous situer ‘comme des agneaux au milieu des loups’, apporter la paix et la réconciliation chez ceux chez qui nous entrons, et là, tout simplement ‘manger et boire’ ce qu’on nous offre, c’est-à-dire, accueillir bien simplement toutes les valeurs de partage. Ces fondamentaux, offerts par le Christ comme un ‘mode d'emploi’ de la vie chrétienne comme perpétuel envoi, comme perpétuelle marche en avant, ont quelque chose de subversif dans leur dimension de ‘non-installation’. De ce point de vue, la pire menace que fait peser la démocratie moderne sur la religion chrétienne est l’affadissement complet de toutes ses valeurs et l’oubli de sa dimension subversive par rapport au conformisme moral, intellectuel et social. Je ne prétends pas pour autant qu’il faille se représenter le Christ comme un guérillero prêt à casser les institutions et les notables. Le christianisme comprend en lui-même un message de subversion des notions de pouvoir et de grandeur, autrement dit une mise en question de la hiérarchie politique établie. Même par rapport aux autres religions, le sacrifice du Christ est une subversion de la notion de sacrifice, car c’est un sacrifice volontaire et unique, définitif, qui interdit aux croyants de croire qu’ils peuvent sacrifier quoi que ce soit comme une valeur échangeable pour obtenir des faveurs divines. Ce que la confusion entre démocratie et christianisme perd, lorsqu'elle se produit, c’est la dimension de radicalité de l'amour, qui ne ‘tolère’ pas, mais aime. Sans mesure. Car on le voit tout au long de l'Évangile, le Christ ne ‘tolère’ rien, au sens d'accepter du bout des lèvres pour acheter une ‘paix’ de petit compromis. Il aime, c'est tout. Et cela lui coûte la vie. A Pâques, c'est bien la radicalité d'un projet de Dieu pour l'homme qui revient à la vie avec le Christ, et non une fade acceptation d'un ordre établi. Face à un ordre politique, celui de Rome, Jésus tient droit dans son désir d'affirmer qu'un autre mode relationnel est possible, il l'appelle ‘Le Royaume’, parce que cet ordre n'est pas né d'en-bas. Face à l'iniquité de cet ordre politique, Jésus incarne l'homme broyé par les rouages de l'intrigue et de la trahison, de la haine et de la calomnie. Il dit que Dieu lui-même a subi cela en sa propre personne. Non, soyons-en sûrs, Dieu n'est pas dupe de nos grands idéaux politiques. Il réaffirme, face à Pilate, que la vérité est nue, sans armes, sans séduction, sans plan de com', sans stratégie de segmentation de l’électorat. Ce qu'une civilisation fait de l'homme, en particulier des plus fragiles, de la manière dont elle les traite sur le plan éthique, de l'embryon au lit du dernier souffle en passant par les passages cruciaux de la jeunesse et de la maturité, du premier emploi ou du chômage de longue durée, voilà qui en dit long, sans doute, sur les fondamentaux d'une société et du système politique qu'elle porte en elle. Depuis le Golgotha, un chrétien n'est jamais dupe des attraits et des séductions des régimes et des systèmes de pouvoir. C'est sans doute parce qu'il sait, au plus profond de lui-même, que c'est dans ces lieux-là qu'il faut se tenir debout comme le Christ, incarnant une humanité qui ne renonce ni à sa dignité ni à sa liberté ni à sa solidarité d'avec l'ensemble. Et cela, sans en avoir l'air, sans le crier sur les toits, c'est déjà, sans doute, un vrai projet politique... (suite dans la prochaine Grande Assemblée) + Emeric Dupont

LA GRANDE ASSEMBLÉE